Farid al-Din ‘Attar

 
 
Mots Clés :

Sufi, hagiographe, Nishapur, Mongole, Mawlana Rumi, mathnawiinfo-icon, Diwaninfo-icon, Mantiq al-Tayr , Khusraw-Nama, Asrar-Nama, Maqamat al-Tuyur, Musibat-Nama, Tadhkirat al-Awliya, al-Hallaj, Simurgh, fikrat, voyage mystique, âme, résurrection, la mort.

Célèbre poète et hagiographe Persan Sufi, ‘Attar a vécu durant la deuxième moitié du douzième siècle CE et les deux ou trois première décades du treizième siècle à Nishapur ou dans ses environs. D’après l’opinion la plus courante chez les chercheurs, il est mort pendant le pillage mongole de Nishapur en Avril 1221 CE, mais cela peut être également en 1230 CE. Les informations biographiques fiables sur lui sont rares, et beaucoup d'indications autobiographiques supposées dérivent de travaux qui se sont avérés être faux. Il est néanmoins clair qu'il ait été reconnu comme étant un pharmacien expert. Il semble aussi avoir eu des liens très étroits avec le Sufi bien connu de Khârezm, Majd al-Dininfo-icon Baghdadi (d. 1209 CE ou plus tard) ou avec l’un de ses disciples, Ahmad Khwari, à Nishapur.

Cependant, `Attar a généralement eu très peu à dire au sujet des Sufis de son propre temps, et il n'a jamais mentionné personne comme étant son maître sufi, même s’il a évidemment admiré les grands saints Sufis (awliya') du passé.  À la différence de son célèbre homologue parmi les poètes Sufi, Mawlana Rumi (D. CE 1273), il ne semble pas avoir joué un rôle actif dans le sufisme organisé. L'histoire souvent racontée de `Attar rencontrant le jeune Rumi dans Nishapur appartient au royaume des mythes de succession (F.D. Lewis, 2000). L'historien littéraire, Muhammad ‘Awfi, qui a visité Nishapur autour de 1200, décrit Attar comme un pieux sufi retiré et un bon poète mystique.  ‘Awfi cite des exemples de la poésie lyrique de Attar mais ne commente pas, dans ses observations, ses mathnawis (poésies narratives). Un autre compte rendu vient de Nasir al-Din al-Tusi, (disciple et de philosophe shi‘i de la période 1201-1274), qui a rendu visite personnellement à Attar quand il était un étudiant à Nishapur, Tusi a été impressionné par l’éloquence du vieux poète et par sa manière d'interpréter les discours des maîtres [Sufi], les « Connaisseurs » [de Dieu] et les guides spirituels,  comme il l'a plus tard transmis à son élève Ibn al-Fuwati (D. CE 1323).  Plus tard , dans son rapport, il a rajouté une référence à la collection complète de la poésie lyrique de Attar (son « grand Diwan ») et à un de ses mathnawis, le « Mantiq al-Tayr ».

Un certain nombre de travaux attribués a `Attar ont été, en fait, écrits par des poètes utilisant le même nom de plume ou se sont avérés être faussement attribués au célèbre 'Attar.  Ceci s'applique non seulement à ses travaux le dépeignant comme un ardant Shi‘i, mais également pour le supposé Khusraw-Nama (également connu sous le nom de Gul-u-Hur­muz), un roman qui a été considéré comme authentique jusque récemment, et dont l’inexactitude a été démontrée de manière convaincante par le chercheur iranien contemporain (M.R. Shafi‘iinfo-icon-Kadkani, 1996 et 1999).  Les travaux authentiques de Attar incluent, en plus du Diwan et d'une sélection de quatrains intitulée Mukhtar­-Nama, quatre grands mathnawis qui sont mentionnés dans l'introduction de la dernière œuvre dans l'ordre suivant : « Ilahi-Nama » (correctement appelée « Khusraw- Nama »), « Asrar-Nama », « Mantiq al-Tayr » (ou « Maqamat al-Tuyur »), et « Musibat-Nama ».  Il n'a pas été clairement établi si cet ordre reflète également leur relatif ordre chronologique; les références à l'âge avancé du poète dans les deux premiers iraient plutôt contre une telle supposition. Le travail de prose de Attar de sur les saints, Tadhkirat al-Awliya’, n’est nulle par mentionné par le poète lui-même, mais il n'y a aucune raison vérifiée de remettre en cause l'authenticité de sa première partie (i.e., la partie finissant avec l'arrivée de al-Hallaj).

Le plus connu parmi les mathnawis est le « Mantiq al-Tayr. »  C'est le récit du voyage mystique d’oiseaux à travers sept vallées à la recherche de leur roi mythique, le Simurgh, un oiseau cosmique du folklore iranien antique, qui s'avère être leur vrai Moi. Le thème du voyage des oiseaux a été utilisé longtemps avant Attar comme symbole pour la tentative de l'âme à approcher Dieu en littérature philosophique (Ibn Sina) et sufi (Ghazali); cependant, l'adaptation de Attar est de loin la plus poétique et la plus mystique. Le thème principal du « Musibat-Nama » est également un voyage mystique, mais cette fois le voyageur est lui-même imaginé (le fikrat), guidé par un maître qui n'est pas de ce monde, bien qu'il puisse être trouvé en ce monde.  Ce périple mène le voyageur vers quarante rencontres avec de l’ angélique, le fantastique, l’humain, et des êtres purement physiques pour reconnaître qu'il doit se submerger dans l'Océan de l'âme : c’est seulement ainsi que débutera son « voyage dans Dieu ». Dans l' « Ilahi-Nama », un roi calife enseigne à ses six fils comment transformer leurs désirs mondains en des objectifs spirituels. L' « Asrar-Nama » est, en dépit de sa forme de mathnawi, pas vraiment un conte mais plutôt une méditation sur les thèmes de la mort et de la résurrection.

Sources Primaires

‘Attar, Farid al-Din. Asrar-Nama, ed. S. Gawharin. Teh­ran: Chap-i Sharq, 1338 (AHS/1959). (French transla­tion by C. Tortel. Le Livre des Secrets. Paris: Les Deux Océans, 1985.)

— — Diwan-i Ghazaliyat-u Qasayid, ed. T. Tafazzuli. Tehran: Chap-i Bahman, 1341 (AHS/1962). (Second edi­tion by M. Darwish, ed. Tehran: Jawidan, 1359. [AHS/ 1980]).

— —Ilahi-Nama, ed. H. Ritter. Leipzig and Istanbul: F.A. Brockhaus and Ma‘arifinfo-icon, 1940. (Translation by J. A. Boyle. The Ilahi-Nama or Book of God of Farid al-Din ‘Attar. Manchester: Manchester University Press, 1976.)

— — Mantiq al-Tayr, 3rd ed., ed. M.J. Mashkur. Tehran and Tabriz: 1347 (AHS/1968). (English verse translation (incomplete) by C.S. Nott. The Conference of the Birds. London: Penguin Books, 1984. Complete prose transla­tion by P. Avery. The Speech of the Birds: Concerning Migration to the Real. Cambridge, UK: Islamic Texts Society, 1998.)

— — Mukhtar-Nama, 2nd ed., ed. M.R. Shafi‘i-Kadkani. Tehran: Intisharat-i Sukhaninfo-icon, 1375 (AHS/1996).

— — Musibat-Nama, 3rd ed., ed. Nurani-Wisal. Tehran: Zawwar, 1364 (AHS/1985). (French translation by I. de Gastines. Le Livre de l’Epreuve. Paris: Fayard, 1981.)

— — Tadhkirat al-Awliya’, part I, ed. R.A. Nicholson. London and Leiden: Luzac & Co. and E.J. Brill, 1905; part II, London and Leiden: Luzac & Co. and E.J. Brill, 1907. (Partial translation by A.J. Arberry. Muslim Saints and Mystics: Episodes from the Tadhkirat al-Auliya’ (“Memorial of the Saints”). London: Routledge & K. Paul, 1966.

Lectures complémentaires

Handbook of Oriental Studies I, The Near and Middle East, 69, 1st ed. Leiden: Brill, 1955.

Lewis, F.D. Rumi—Past and Present, East and West: The Life, Teaching and Poetry of Jalalal-Dininfo-icon Rumi. Oxford: Oneworld, 2000.

Lewisohn, L., and C. Shackle, eds. Farid al-Din ‘Attar and the Persian Sufi Tradition. London: I.B. Tauris and The In­stitute of Ismaili Studies, 2006.

Reinert, B. “‘Attar, Shaikh Farid-al-Din.” In Encyclopedia Iranica I, 20-5.

Ritter, H. The Ocean of the Soul: Men, the World and God in the Stories of Farid al-Din ‘Attar, transl. O’Kane. Leiden: Brill, 2003.

Shafi‘i-Kadkani, M.R. Zabur-i Parsi: Nigahi bi Zindagi wa Ghazalha-yi ‘Attar. Tehran: Agah, 1378 (AHS/1999).

Cet article a été publié initialement dans « Civilisation Islamique Médiévale,une encyclopédie » Medieval Islamic Civilization, An Encyclopedia, Vol. I, p. 78-80, ed. Josef W. Meri, Routledge (New York-Londres, 2006).

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