Nouvelle

Et les remarques d’introduction du Dr Amyn Sajoo sur l’Islam Contemporain et les Musulmans (CIM) Série

1 novembre 2007

Nous proposons à travers cette nouvelle série de conférences d’engager la rencontre des Musulmans avec la modernité, dans les arts et la culture, dans le pluralisme politique et les droits de l'homme, dans la spiritualité et dans l'interprétation des écritures.


Il y a un intérêt croissant parmi les disciples et les décisionnaires dans l'idée 'des modernités alternatives', et de comment elle se relie à des Islams multiples, spécialement après le 11 Septembre 2001. La discussion 'Islam et Démocratie' qui a repris avec la fin de la guerre froide a été rapidement rattrapée par ce nouvel intérêt pour la modernité Musulmane.


Aziz Al-Azmeh l’a exprimé en 1993 avec son 'Islams et modernités' dans la collection Ramin Jahanbegloo, 'Iran : Entre la Tradition et le Modernité' (2004) a offert des lectures enrichissantes sur la complexité de ce que signifie être moderne. Keith Watenpaugh a élargi le champ de cette discussion dans son élégant 'Etre moderne dans le Moyen-Orient' (2006). Entretemps, l’importance de «un âge séculaire (2007) de Charles Taylor a permis d’enrichir le discours philosophique sur des modernités plurielles (et pluralistes).


C'est sur ce canevas que notre série aura une lignée d’orateurs distingués pour l’année prochaine. Il inclut le prof. Tavakoli-Targhi de l'Université de Toronto, le Prof. Sami Zubaida de l’Université de Londres, Le Dr. Ismail Serageldin de la Bibliothèque d'Alexandrie, le Dr. Amira Bennison de l'Université de Cambridge, et dès le mois prochain, Raficq Abdulla, MBE, sur la modernité et la poétique.


Mais il semble approprié de commencer notre exploration par un sujet sur le genre. Les femmes sont, par défaut et par choix, la cible des guerres idéologiques, religieuses, économiques et culturelles, même quand les guerriers ne sont que des hommes. Mais, parmi les guerriers, il y a de plus en plus de femmes.


Certains diront que cela a toujours été ainsi. Peut-être que tout a commencé par la détermination d'une femme à croquer la pomme dans le jardin d'Éden, et ainsi a se promouvoir au profit de son compagnon.


Dans le même esprit violemment indépendant, Azizah al-Hibri observe : 'En quoi est-ce accablant de porter un foulard, mais être libéré de porter une mini-jupe ? Le nœud de l'explication se trouve dans les hypothèses qui se font de chaque côté sur l’implication des femmes et de leur capacité à faire des choix (Okin, Is Multiculturalism Bad for Women, "Est-ce que le Multiculturalisme est mauvais pour les femmes", 1999). En d'autres termes, la question est lancée.


En Egypte et en Turquie, les étudiantes et les employés de bureau musulmanes ont maintes et maintes fois insisté sur le fait que leur choix de porter un foulard n'est pas le signe d’un ‘retrait ‘d’engagement social avec leurs environnement, mais plus la prise de contrôle des termes dans lequel cet engagement se produit. Encore une fois, les jeunes femmes en France, en Grande-Bretagne et au Canada insistent sur le fait que «l’habit musulman» - du hijab au jilbab et parfois le niqab – est un moyen d'affirmer publiquement une identité culturelle qui est intimement liée à la religion.


Pour les féministes libérales, généralement, l'égalité de genre doit permettre de se libérer de la pratique religieuse parce que le patriarcat est le principal mécanisme de toutes les traditions religieuses. Le plus grand désaccord pour elles en tant que libérales, est naturellement, que prendre la religion sérieusement dans un âge séculaire est tout simplement antimoderne, et non pas juste de manière rhétorique mais c’est aussi une question de justice sociale : cette marque de modernité civile est perçue comme la seule voie vers la dignité et la liberté individuelle.


D'autres libérales, comme Martha Nussbaum (Okin, 1999), argumentent sur le fait que la liberté religieuse est au cœur de la démocratie pluraliste, parce qu'elle est ,ce que les différents citoyens et communautés créent et vivent dans leur conception du bon, du civil et du privé. Pour Nussbaum, les valeurs libérales comme l'égalité sont des biens politiques essentiels - mais elles ne sont pas des fins morales. Finalement, nous devons faire de la place pour des modernités plurielles, au lieu d'installer un faux désaccord entre la tradition et la modernité.


Pour Max Weber, la société industrialisée a ouvert la voie non seulement à la modernité capitaliste mais également à la défaite du patriarcat, et à la religion traditionnelle, par opposition à l'éthique protestante censément unique. Cela a nourrit les débuts du féminisme occidental dominant sur la modernité séculaire de genre.


Pourtant les 'filles de Shéhérazade', tel que le disciple Iranien Farzaneh Milani les décrts dans 'Veils and Words' 'Voiles et Monde' (1992), ont des histoires nombreuses et variées et qui ne s'adaptent pas dans le schéma occidental dominant. Peut-être que cette dérive est mieux capturée dans la formulation de la sociologue Nilufer Gole dans 'forbidden modern' de l’interdit moderne (1996) – de la femme voilée sophistiquée, qui menace non seulement les séculaires Kémalistes à Ankara, mais également les Jacobin séculaires à Paris.


Mais si l’action est la clef pour ressortir le féminisme, alors comment répondons-nous aux choix qui semblent se former par l’'action du patriarcat' ? Et que dire des autres «vecteurs» d'action ?


Pour réfléchir à ces questions et à d'autres aussi critiques, nous avons avec nous aujourd'hui une fille de Shéhérazade particulièrement distinguée, le Prof. Haleh Afshar, OBE.