Nouvelle

IIS Co sponsorise la Conférence sur l’Art, l’Architecture et le Shi`ism

4 décembre 2010

Trois chercheurs d’IIS, le Dr Shainool Jiwa, Nacim Pak-Shiraz et le Dr Fahmida Suleman, également organisatrice de l’événement, ont donné des conférences à cette occasion. Le Dr Farhad Daftary a présidé une session sur le contexte Fatimide.
 

Professors Azim Nanji, Oleg Grabar and Oliver LeamanLa conférence avait pour objectif de répondre à deux interrogations principales : Qui sont les Shi’a et comment pouvons nous distinguer l'art et le matériel culturel inhérent aux Shi’a ? Les présentations respectives ont eu une large portée historique et géographique, depuis l'Afrique occidentale en passant par l’Espagne et jusqu’au Moyen-Orient. La conférence a rassemblé des sommités internationales, qui ont présenté un large éventail de matériaux incluant l'architecture des mosquées et des tombeaux, l'iconographie, la peinture de manuscrit, le cinéma et les rituels. Certains sujets ont été approfondis en utilisant diverses méthodologies de l'histoire de l'art, de l'histoire et de l'anthropologie sociale. Le Professeur Azim Nanji a ouvert la conférence avec l'idée que la conservation par le British Muséum de l’artisanat musulman, nous a permis de disposer de thèmes du monde entier, au-delà l’histoire et la provenance géographique.

Dr Shainool JiwaShainool Jiwa, dans sa présentation Shi‘isminfo-icon: Narratives, Images, Perspectives” « Shi‘ism : Récits, Images et Perspectives » a apporté un cadre historique à l'Islam Shi’a. Expliquant les origines conceptuelles des Shiismes ainsi que leurs expressions contemporaines, elle a rappelé à l’assistance que le Shi'ism est un phénomène pluraliste en évolution. Concernant les autres tendances de l'Islam, telles que le Sunnisme et le Sufisme, elle a montré qu’ils ont également changé au cours du temps. Le Dr Jiwa a établi que le Shiisme possède un faisceau de caractéristiques. Elle a également étudié la notion des Ahl al-Bayt (la famille du Prophète) et de l'investiture de l'autorité religieuse dans ce contexte. Le Dr Jiwa a noté que la vénération pour les Ahl al-Baytinfo-icon dépasse le contexte de la division Sunni-Shi et a permis en diverses occasions de créer un rapprochement entre elles.

Professor Oleg GrabarOleg Grabar, professeur Emeritus à Princeton a profondément influencé l'étude de l'art musulman. Lors de sa présentation, « Pouvons nous identifier les caractéristiques Shi’a dans l'art et l'architecture ? » Le Professeur Grabar a posé la question de savoir si ce que nous voyons peut s’identifier avec une seule communauté religieuse ou non ? Il aconclu de manière prudente qu'il y a une distinction entre labelliser un objet comme purement Shi’a en raison de certaines inscriptions et attribuer des provenances Shi’a aux formes et aux sujets. Dans le dernier cas, aucune inscription n'est nécessaire pour définir l'objet comme étant Shi’a. Le Professeur Grabar a déclaré que nous devons considérer le récepteur plutôt que le créateur d'un objet afin de le comprendre. Le visuel extérieur des mosquées Fatimides a été conçu essentiellement pour montrer la foi Shi’a aux non Shi’a, même s’il a aussi été une démonstration de leur puissance politique.

Professors Sheila Blair and Jonathan Bloom and Dr Eleanor SimsDans sa présentation, “Writing about Faith: Epigraphic Evidence for the Développent of Shi‘ism in Iran”, « Écrits sur la foi : Évidence Épigraphique du Développement du Shiisme en Iran », Sheila Blair, professeur à l'Université de Boston et à l'Université Commonwealth de Virginie, s'est penchée plus spécifiquement sur les inscriptions des tuiles en céramiques produites dans le Kashan par des clans de potiers du 12 ème et du 13ème siècle. Des potiers tel que Muhammad ibn Abi Tahir et Abu Zayd ont contribué à des travaux multi générationnels sur des tombeaux Shi’a à Quminfo-icon et à Mashhad. Blair a noté qu'elle ne retrouvait pas exclusivement des formes et une décoration Shi’a ; mais c'est plus les inscriptions qui permettaient de savoir si ces objets servaient à exprimer la foi Shi’a.

Dr Fahmida SulemanFahmida Suleman lors de sa présentation de “The ‘Hand of Fatimainfo-icon’: Origins and Significance” « la Main de Fatima' : Les Origines et la Signification » a expliqué comment le symbole antique de la main ouverte se retrouvait dans de nombreuses cultures. La Main de Fatima' ou `Khamsa' , est utilisée dans de nombreuses parties du monde musulman comme une amulette. Elle est souvent attachée aux vêtements nuptiaux et utilisée dans des contextes féminins tels que l'accouchement. Les amulettes sont rattachés à Fatima al-Zahra, la fille du Prophète Mahomet, qui a toujours détenue un statut élevé parmi les Sunnite et les Shi’a Cependant, le premier document officiel mentionnant l'utilisation de la Main  `de Fatima > comme amulette date de bien plus tard, vers 1526 CE, dans lequel Charles V interdit l'utilisation de l'amulette en Espagne et recommandé son remplacement par la croix chrétienne. Ainsi, ce document, et la poterie al-Andalous musulmane du 13ème siècle ont permis de retracer la Main `de Fatima > dans cette région. La présentation du Dr Suleman a démontré que <la Main  `de Fatima > a dépassé les frontières confessionnelles des Sunni-Shi et s’est reposée sur une piété panislamique de longue date liée à Fatima al-Zahra.
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