Nouvelle

Le professeur Azim Nanji s’exprime au sujet du monde musulman à l’université de Stanford

10 mai 2005

Le rassemblement annuel de la bourse Knight Fellows a réuni 175 anciens membres, de 18 pays à travers le monde, pour participer à des sessions de 2 jours sur l’état actuel du journalisme et son avenir, incluant une compréhension des Musulmans d’aujourd’hui.


Commençant par une histoire, qui vient de plusieurs traditions anciennes et également, préservée dans la littérature musulmane, le Professeur Nanji a donné un aperçu sur le défi à transmettre des notions de la pluralité et de la diversité musulmane, indiquant que cela est particulièrement pertinent pour la compréhension des médias, du monde musulman.


Une jeune femme marche devant trois hommes sages assis sur un banc. Elle cherche visiblement quelque chose sur la rue. Elle passe beaucoup de temps à chercher, et les trois hommes deviennent très intéressés. Quand elle s’arrête, ils viennent vers elle et demandent ‘pouvons nous vous aider?’ Elle répond, ‘oui, vous pouvez m’aider, j’ai perdu une bague’. Ils demandent, ‘savez vous où vous l’avez perdu’? Et elle répond ‘non, je ne sais pas où je l’ai perdu’. Alors ils demandent, ‘eh bien, pourquoi continuez vous à la chercher à cette place?’ et elle répond, ‘c’est la seule place qui a un lampadaire’. 


En parlant des médias et de leurs représentations de l’Islam et des Musulmans, le Professeur Nanji a précisé l’Islam a été regardé sous une lampe, et cette lampe a projeté une lumière très partiale. Par conséquent, la vision qui émerge du monde musulman tend à être également partiale. Il tend à être un regard qui voit l’Islam à travers une lentille de conflit, de chaos et de violence. Cette vision partiale du monde musulman devient souvent représentative des activités musulmanes dans d’autres sphères, influençant les affaires à un niveau global. En outre, cette perspective omet aussi bien le contexte immédiat d’une situation ou événement particulier, que le caractère commun, qui est une part de l’expérience historique partagée entre l’Ouest et les Musulmans depuis 1400 ans.”


Le Professeur Nanji a également noté que la vision des médias du monde Musulman tend à être très centré sur l’Arabie ou sur le Moyen Orient, souvent parce que les problèmes qui obsèdent les médias dans le monde Occidental, mettent l’accent sur les affaires géopolitiques dans cette partie du monde.” Il est crucial que nous voyions au-delà de certains de ces stéréotypes et arrêtions de voir le monde musulman comme étant monolithique. Nous devons reconnaître la pluralité des Musulmans, leur propre diversité, les problèmes qu’ils combattent au jour le jour, en nous rappelant constamment que la majorité de plus d’un milliard de la communauté musulmane vit à l’Est du Caire.”

 

Une autre partie du large problème sous-jacent à l’utilisation prédominante des stéréotypes sur l’Islam et les Musulmans réside dans le fait que la connaissance de la civilisation musulmane a souvent été reléguée à la périphérie dans les programmes d’études des écoles subventionnées par l’Etat et les institutions académiques. Dans une perspective éducationnelle, cette marginalisation renforce le regard sur le monde musulman comme étant dominé par un groupe de personnes qui répondent d’une manière extrémiste aux conditions dans leur propre pays et représentent par là même une force d’instabilité dans le monde.”

 

Un engagement à porter l’étude des civilisations musulmanes dans des programmes d’étude plus larges, sur lequel l’Institution des Etudes Ismailies a fermement travaillé et qui a maintenant été entrepris par l’Université de Stanford, est quelque chose que le Professeur Nanji a qualifié d’urgent, le monde musulman a également besoin d’un sens de l’identité que la plupart des Musulmans ont de leur propre culture et civilisation et qui se limite alors à la théologie, et leur héritage musulman est perçu comme une expression d’une partie particulière d’une foi qui est définie de façon théologique ou légale. Ces aspects de la civilisation islamique qui se sont infiltrés dans la principale culture via la science et des arts, n’existent plus de nos jours.”

 

Le Professeur Nanji a conclu sa présentation en appelant les délégués à bâtir des programmes d’études dans les programmes de journalisme pour former vos collègues et des étudiants à voir le monde à travers une lentille qui permet d’embrasser une partie plus large d’un monde de plus en plus divers et compliqué. Nous en tant qu’individus, qui sommes intéressés par la connaissance et ses représentations précises, devons embrasser cette complexité.”


 Les Bourses Knight de John S. pour les journalistes professionnels à Stanford, offrent aux journalistes en milieu de carrière, méritants, d’élargir et d’approfondir leur compréhension d’un monde en mutation, avec l’espoir d’améliorer la qualité des nouvelles et de l’information transmise au public par le canal de nouveaux médias: édition, radio télédiffusion et informations en ligne. Plus de 700 journalistes ont obtenu des bourses de Journalisme à Stanford depuis que le programme a débuté en 1966. De nombreux  boursiers ont ainsi été honorés, incluant 26 Prix Pulitzer et autres prix majeurs dans l’édition et la radio télédiffusion.