Reseau Aga Khan de Développement (AKDN) : Une Organisation Éthique

Mots clés

Mandat AKDN, dininfo-icon, dunyainfo-icon, idéaux éthiques.

 

Table of contents
 

Le mandat AKDN
Le Réseau Aga Khaninfo-icon de Développement est une contribution contemporaine de l’Imamatinfo-icon ismaili pour réaliser la conscience sociale de l’Islam à travers une action institutionnelle. Il rassemble sous une égide cohérente, des institutions et des programmes dont le mandat commun est d’aider à soulager la société de l’ignorance, de la maladie et de la privation, sans tenir compte de la foi ou des origines nationales des personnes qu’ils servent. Dans les sociétés où les musulmans ont une présence significative, son mandat consiste à revitaliser et à élargir la compréhension de l’héritage culturel dans toute la richesse de sa diversité, comme la qualité de vie dans tout son sens s’étend au-delà du bien-être physique. Les zones primaires concernées sont les régions les plus pauvres de l’Asie et de l’Afrique.  Les institutions du Réseau tirent leurs forces de l’éthique de l’Islam qui fait le pont entre les deux royaumes de la foi, din et dunya, le spirituel et le matériel. L’emphase centrale de l’éthique idéal de l’Islam est de donner à chaque personne, la possibilité de vivre son statut exalté comme co-gérant de Dieu sur terre, en qui Dieu a insufflé son propre esprit et qu’il a crée, dans les cieux ou sur terre, comme sujet de confiance et de recherche.
 
Din et Dunya
La valeur ultime d’une personne dépend comment, il ou elle, réagit aux faveurs divines.  Din est le lien spirituel d’une créature douée du raisonnement, à vouloir se soumettre à son seigneur qui crée, soutient, et guide. Pour le véritable discernement, la vie terrestre, dunya, est un don à chérir d’autant plus que c’est un pont et une préparation, pour la vie à venir. Autrement, c’est un attrait distrayant l’homme du service de Dieu, qui est la véritable raison de la vie. Le service à Dieu n’est pas seulement un culte, mais aussi le service à l’humanité, supporté par le devoir de la confiance envers le reste de la création. La vertu, dit le Coran, n’est pas seulement de remplir les obligations religieuses de chacun. Sans les responsabilités sociales, la religiosité est une exhibition de vanité. L’Islam est, donc, aussi bien din et dunya, esprit et matière, distinct mais lié, à ne jamais séparer.
 
Les directives de l’Imaminfo-icon 
Le défi du choix est moral et individuel, mais plein de sens dans un contexte social. Tandis que la conduite morale individuelle est une demande primordiale de la foi, l’Islam envisage un ordre social qui est soutenu par l’attente de la conduite éthique de chaque individu envers autrui. La fonction de l’éthique est de favoriser la réalisation de soi, à travers le don de soi, pour le bien commun, en réponse à la majestueuse bienveillance de Dieu.
 
En posant des valeurs de la société dans le principe des responsabilités morales humaines envers la divinité, l’Islam soulève le sens de l’ordre social et public à un niveau transcendant. L'héritage durable du Prophète Mahomet est une forte fusion de la banalité quotidienne avec le sens du spirituel. Cet exemple prophétique reste une source d’émulation pour tous les musulmans de tous âges à travers le monde. Dans l’Islam Shiainfo-icon, c’est le mandat de chaque Imam descendant du Prophète, comme légataire de l’autorité du Prophète, de chercher à réaliser ce paradigme à travers un ordre institutionnel et social qui convient aux circonstances du temps et du lieu. Dans un monde de flux, l’Imam donne le leadership et le maintien de la balance entre le spirituel et le matériel dans le contexte harmonisé de l’éthique de la foi, dont il est le gardien.
 
Fondations éthiques des Institutions AKDN
En terme de notions, le Réseau AKDN cherche l’idéal de l’action sociale, de la stratégie communautaire, afin de réaliser la vision sociale de l’Islam. Bien que le résultat de son action soit pragmatique la motivation pour cela est spirituelle, une éthique universelle dont le but est de ressortir la noblesse qui est inhérente à chaque homme et femme. Les traits conformes qui définissent cette éthique, sont les principes et les philosophies des Institutions du réseau AKDN qui se focalisent sur le respect de la dignité humaine ainsi que le soulagement de l’humanité. L’étendu de leurs mandats va au delà des limites des croyances, des origines, des races et des nationalités. Leurs efforts conjugués renforcent les individus, hommes et femmes, à devenir autonomes et capables d’aider plus faibles qu’eux même, leur politique est de nourrir et d’aménager une culture philanthropique de partage volontaire de temps et de talents. La transparence de leur gouvernement est basée sur des valeurs de confiance, de probité, d’équité et de responsabilité. Leurs buts par-dessus tout, est de rechercher à engendrer, ou de contribuer à d’autres efforts qui eux même engendrerons, un éthos fraternel d’illumination, de paix, de « profonde tolérance », d’aide mutuelle et de compréhension.
 
Quels sont les traits conformes de l’éthique idéale de l’islam que contient le mandat AKDN ?
 
L’éthique de l’inclusion
L’Islam est une vision inclusive de la société. L’étincelle divine qui accorde l’individualité relie également les individus à une humanité commune. Le genre humain, dit le Coran, a été crée à partir d’une seule âme, comme hommes et femmes, communautés et nations, de manière à ce que les gens puissent se connaître les uns et les autres. Il invite les gens de toute foi dans une plate-forme commune à rivaliser de bonté. Prophète cherchait à aménager les différences et les talents individuels pour servir les besoins communs de différents groupes religieux, parmi lesquels il encourageait un esprit d’harmonie et de tolérance comme constituants d’une large communauté de son temps.
 
Ethique de l’éducation et de la recherche
Le Prophète et Hazrat Ali
La clé de la nature de la société que l’Islam a épousée est un éclaircissement de la pensée, symbolisée dans la métaphore de la création du Coran, incluant Soi comme l’objet d’une quête rationnelle. La toute première révélation au prophète est le commandement de lire. Ceux qui croient et ont la connaissance sont ceux qui sont exaltés. Ceux-là ne peuvent pas être comparés avec ceux qui sont ignorants. « Mon Seigneur, augmente ma connaissance » est une prière chérie qu’il faut encourager parmi les croyants, chez l’ homme ou la femme. Apprendre ennoblit quelque soit sa source même si c’est la Chine lointaine, et est obligatoire pour chaque homme ou femme musulman selon les dires du Prophète.  « L’érudition est un des plus grands ornements de tout un chacun, » et « la richesse la plus importante est l’intellect »  « qui donne à chacun la maîtrise de sa propre destiné, » sont les dires de Hazrat Ali, le premier Imam Shia. « La connaissance est un boulier contre l’érosion du temps, » écrivait Nasir-I Khusraw, un poète philosophe iranien du onzième siècle. Mais la personne ayant la connaissance et la sagesse porte la plus grande obligation de les partager. Prophète compare la connaissance qui n’est pas transmise aux autres à une ceinture de feu entourant chaque cou. « Ne meurs jamais » disait Hazrat Ali, « celui qui donne vie à la connaissance. »
 
Les premiers savants musulmans
Les enseignements de l’Islam étaient une puissante impulsion pour les gens spirituellement libérés. Cela les stimulaient vers de nouvelles vagues d’aventure dans les royaumes de l’esprit et de l’intellect dont les symboles étaient les universités de al-Azharinfo-icon et dar al-Ilminfo-icon dans le Caire Fatimide ismaili et leurs illustres contreparties dans Baghdad, Cordova, Bukharainfo-icon, Samarqand et autres centres musulmans. Reflétant l’esprit de la culture qui honorait la poursuite de la connaissance, Al-Kindi, un philosophe du neuvième siècle et étudiant de la philosophie Grec, ne voyait aucune honte à prendre connaissance et assimiler la vérité, quelque soit sa source. La vérité, écrivait il, ne rabaisse jamais. Elle ne fait qu’élever son chercheur. Comme résultat, les sciences florissaient dans leurs différents domaines : les mathématiques, l’astronomie, la botanique, la médecine, l’optique, la pharmacologie, la zoologie, et la géographie. Dans son histoire de la science, George Sarton retrace, depuis 750 ans, une prédominance musulmane ininterrompue dans le monde de la science.
 
L’esprit de recherche
La recherche scientifique était considérée comme un devoir méritoire. C’était la réponse du croyant à l’appel persistant du Coran de pondérer la création afin de comprendre la Grandeur de Dieu. Cette attitude aidait à cultiver une ouverture d’esprit ayant un penchant pour l’investigation. Les anciens sages étaient estimés mais leurs legs étaient appréciés avec critique. Ar-Razi (d.925), scientifique médical et philosophe, en admiration de Galen, écrivait : « Mais toute cette vénération ne m’empêchera pas de douter de ce qui est erroné dans sa théorie. » Ibn Haytam (Al-Hazen), al-Biruni et Ibn Sina (Avicenna), en défiant les longues visions d' Euclide et Ptolemy que les yeux envoyaient des rayons visuels, instaura les fondations de l’optique moderne.
 
La recherche était reconnue comme un moyen de développement intellectuel, un devoir éthique puisque l’intellect humain est un don divin qui doit être chéri et cultivé. « Accepte ce qui s’ajoute à ta sagesse, sans tenir compte de la nature de sa source, » est une tradition prophétique reconnue. « La sagesse renforce l’intellect » dont « la disposition naturelle est d’apprendre avec l’expérience, » sont parmi les dires de Hazrat Ali. Les juristes et les mystiques, depuis le moyen âge classique jusqu’au 20ième siècle, d' Al Ghazali, Ibn Khallikan et Sanai à Shaykhinfo-icon Shalut et Mohammad Iqbal, ont soutenu et célébré la tâche sans fin de la pensée à repousser les frontières de ses regards sur ces horizons sans cesse croissants pour capturer le flot incessant de la création continue.
 
L’éthique de la compassion et du partage
Une société véritablement éclairée insiste sur l’attention du pauvre et sa contrainte dans sa domination par le riche et le puissant. Les écritures saintes traditionnelles considèrent la richesse comme une bénédiction, et la générer de façon honnête peut aider au bien-être général de la société. « Quand la prière est terminée, répandez la sur la terre et cherchez la générosité de Dieu, et pensez à Dieu fréquemment ; vous prospèrerez dans le bonheur ». Mais lorsqu’elle est mal employée ou amassée, la richesse est une pitance dérisoire, une source illusoire de pouvoir. Les pieux sont La Conscience sociale qui reconnaissent dans leurs richesses, un droit pour les nécessiteux et les dépourvus qu’ils aident pour l’intérêt de Dieu seul, sans aucun désir de récompense ou de remerciement de la part de ceux qu’ils aident.
 
La charité n’est pas seulement un partage de la richesse matérielle. La générosité avec son matériel intellectuel, spirituel ou ses moyens physiques est fortement recommandée. Lorsque ses dons ne sont pas partagés, ils sont un poids futile, « un col entortillé fermé sur un cou miséreux ».  « Quelqu’un qui est plus béni par Dieu », selon la tradition Alid, « est beaucoup plus utile aux gens ».  L’éthique du service volontaire est, ainsi, une caractéristique marquante de la tradition musulmane, célèbre dans l’exemple du Ansarinfo-icon, les aidants, titre honorable de ces citoyens de Medina qui portèrent secours à Mahomet et ses compatriotes fugitifs quand ils eurent à émigrer de Makkah pour fuir la persécution.
 
L’éthique de la non dépendance d’autrui
Les pauvres, les dépourvus et ceux en marge de l’existence ont un droit moral de compassion de la part de la société, la tradition le rappelle fréquemment. Mais l’éthique musulmane décourage une culture de dépendance celle-ci minant la dignité de chacun, la préservation que l’écriture sainte Musulmane recommande catégoriquement.  « L’homme ne doit recevoir que le fruit de son labeur, » dit le Coran. Cet encouragement à l’aide de soi est renforcé dans les traditions prophétiques :  « l’homme ne peut pas exister sans efforts constants. »   « Aide toi, le ciel t’aidera ».  Du temps du Prophète, donc, la plus grande emphase de l’effort charitable a été d’aider les nécessiteux à devenir autonomes. Il a été rapporté, par exemple, que Prophète préférait qu’un mendiant soit aidé à s’équiper seul pour rassembler et vendre du bois afin de se nourrir. Durant sa période, en temps que dernier des quatre califes biens guidés, Hazrat Ali aidait, par exemple, à trouver un projet d’autonomie, volontairement proposé par un groupe de résident d’une région afin d’améliorer son potentiel d’ irrigation. Il préférait que les gens prospèrent, expliquait t’il en remédiant eux mêmes à leurs faiblesses économiques.
 
L’éthique du respect de la vie et des soins de santé
Comme le soin aux pauvres, celui envers les malades et les indigents est un devoir souvent énoncé. La bonne santé, comme la connaissance, est un don divin, dit le Coran qui met en avant avec vigueur le caractère sacré de la vie humaine, en mettant sur le même pied le sauvetage d’une vie avec celui de l’ humanité entière. « Le Seigneur a envoyé sur terre un remède pour chaque maladie », est une citation souvent employée par le Prophète. Les gens obtiennent le bonheur par le don de la raison dont la médecine est un fruit saillant, ainsi écrivait Al-Majusi un physicien du dixième siècle dans l’introduction de sa règle. Apprendre la médecine, selon les juristes musulmans, est un « devoir de suffisance », qui n’incombe pas à chaque individu, mais sur un nombre restreint de personnes afin de servir les besoins de santé d’une communauté. Sous la protection musulmane, la médecine fait de grandes enjambées. Les traités encyclopédiques sur la médecine, particulièrement ceux de Ibn Sina (Avicenna en latin) et ceux de Ar-Razi ont joui d’un statut prédominant dans la littérature médicale des sociétés éduquées aussi bien en Asie centrale qu’en Europe. Les hôpitaux comme les dispensaires mobiles ont fleuri, et ce qui n’était pas habituel, avec du personnel aussi bien masculin que féminin. La science de la médecine était soutenue par des recherches méticuleuses.
 
Vers la fin du 14ième siècle, quand la grande peste, la Mort Noire, attaqua l’Europe et l’Asie, les physiciens musulmans rejetèrent la superstition largement répandue que le fléau était une rétribution divine. Expliquant leurs hypothèses scientifiques de la contagion, Ibn al-Khatib, un éminent homme d’état et physicien de Grenade, écrivait que l’existence de la contagion était établie par l’expérience, l’étude de l’évidence des sens, par des rapports digne de foi de la transmission, de l’étalement de la contagion par des personnes, de l’infection d’un port sain par une arrivée d’une terre infectée et par l’immunité d’individus isolés. « Ce doit être un principe qu’une preuve venant des traditions doit subir des modifications quand elle présente des contradictions manifestes avec l’évidence de la perception des sens ».
 
L’éthique de l’esprit sain
A égalité, sinon plus, l’accent était placé sur la santé mentale depuis que la préservation de l’esprit sain est parmi les principes fondamentaux du code éthique de l'Islam. Ce principe a été sérieusement appliqué. En désignant une salle de l’hôpital de Mansuria, bâtit au Caire en 1284, pour des patients atteints de troubles mentaux, ces fondements stipulent « la plus grande attention doit être donnée à ceux qui ont soufferts d’une perte de mémoire et donc d’une perte de l’honneur ». Ce principe a une application plus large dans la tradition. Tout abus de substance qui interfère dans le fonctionnement de la pensée est une grande violation du code éthique car il implique une diminution de la dignité personnelle et de l’habilité qu’a chacun d’ assumer ses responsabilités envers soi comme envers sa famille et envers la société. « Ne vous détruisez pas vous-même » est un avertissement qui revient régulièrement.
 
L’éthique de la préservation de l’environnement : physique, social et culturel
Prendre soin de l’environnement en son sens compréhensible est un devoir et une responsabilité qu’a l’homme envers la création. Chaque génération est décrite comme étant à la fois « héritière et légataire du monde », responsables de ses ressources pour le bénéfice de tous les êtres vivants. Prodigalité, gaspillage sont des actes qui perturbent l’ordre de la nature, qui est un signe de la magnificence divine, ils méritent de sévères reproches. Le mal que fait le peuple « s’évanouit comme une épave et ce qui profite aux hommes demeure sur la terre ». Souvent ceux qui créent la richesse dans ses formes diverses, intellectuelles et spirituelles, culturelles et matérielles, sont portés à l’honneur, mais seulement s'ils reconnaissent et respectent l’élément vérité dans ce qu’ils créent. Répandre en vanité ou retenir jalousement ce qu’ils sont capables de créer revient à usurper les droits de ceux, incluant les générations à venir, qui ont besoin du fruit de leurs talents. Chaque génération est, donc, moralement obligée de léguer un environnement social et physique sain et durable.
 
L’éthique de la gouvernance
Ceux qui contrôlent et administrent les ressources pour le bénéfice des autres sont liés par le devoir de la confiance. Dans l’Islam Shia, ce devoir appartient à l’Imam. La tradition des devoirs religieux, donc, enseigne fermement l’éthique de la gouvernance dans les principes de la confiance, la probité, la justice et la responsabilité. L’écriture sainte, par exemple, prévient sévèrement les citoyens ayant une inclinaison pour la corruption et les autorités contre la tentation d’escroquer les autres. Les tuteurs d’orphelins et des faibles sont avertis de manière similaire à ne faire aucun compromis sur leurs obligations financières, et de ne s’occuper de leurs biens matériels « uniquement pour les améliorer ». Les traditions, souvent, obligent une fondation de charité à ne pas seulement maintenir, mais chercher à augmenter la valeur de sa corporation et de maximiser ses avoirs afin de soutenir ses obligations charitables.

Préparé pour le Réseau Aga Khaninfo-icon de Développement par l’Institut des Études Ismaili de Londres.

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